Après un an de pontificat, le pape Léon XIV s’apprête à publier sa première encyclique, intitulée « Magnifica humanitas ». Ce document se penche sur les défis éthiques et anthropologiques posés par l’intelligence artificielle, inscrivant ainsi la papauté dans un dialogue historique sur la relation entre foi, morale et progrès scientifique.
L’évolution de la réflexion papale sur l’intelligence artificielle
Depuis plusieurs années, la papauté anime une réflexion profonde sur l’incidence de l’intelligence artificielle sur la dignité humaine et le tissu social. Tout remonte à 2020, lorsque le Vatican a signé un appel pour une éthique de l’intelligence artificielle en collaboration avec des géants technologiques comme Microsoft et IBM. Ce geste souligne la volonté de l’Église de conjuguer innovation technologique et valeurs humaines fondamentales.
Le père Paolo Benanti, figure centrale de ce dialogue, a introduit le concept d’« algor-éthique », affirmant que l’intelligence artificielle doit être programmée dès sa conception pour respecter la transparence, l’inclusion et la responsabilité. Ainsi, l’Église promeut un cadre éthique où la technologie sert le génie humain sans jamais le supplanter.
Les prises de position marquantes des dernières années
En 2023, le pape François a souligné que toute technologie doit favoriser l’expression de la dignité humaine. Puis, au début de 2024, il a consacré sa Journée mondiale de la paix à la problématique de l’IA, insistant sur la nécessité d’inclure tous les acteurs, notamment les populations marginalisées, dans le débat mondial. Par ailleurs, lors du G7 italien de 2024, il a appelé à un contrôle humain strict sur l’intelligence artificielle, dénonçant les systèmes autonomes incontrôlés.
Vers une doctrine sociale affirmée sur l’intelligence artificielle
Le Vatican a intensifié ses positions en 2025, produisant plusieurs textes clés. Un décret interdit l’usage d’algorithmes engendrant des inégalités ou portant atteinte à la dignité humaine. Ce cadre rigoureux impose même que tout contenu généré par l’IA soit clairement identifié, marquant une volonté de transparence exemplaire.
En parallèle, une note doctrinale nommée « Antiqua et nova » affirme que l’intelligence artificielle ne saurait être confondue avec une intelligence humaine véritable. Ce refus de conférer un statut de sujet à la machine souligne l’importance de préserver la centralité humaine dans l’éthique technologique.
Enfin, le pape François a préconisé la création d’une plateforme mondiale pour assurer que l’IA demeure un instrument de développement et de protection culturelle, insistant sur une approche anthropologique centrée sur l’humain.
Continuity and new challenges under Pope Leon XIV
Après la mort de François, le successeur a pris le nom de Léon XIV, un choix symbolique rappelant l’encyclique sociale Rerum novarum de Léon XIII qui traitait des bouleversements industriels. Au fil de 2025 et 2026, Léon XIV a approfondi ses avertissements, particulièrement à Rome, Paris et Yaoundé, où il a souligné le risque d’un glissement civilisationnel vers la simulation de la réalité.
Il attire ainsi l’attention sur les jeunes générations et le rôle critique de l’IA dans leur développement intellectuel, incitant à un usage éclairé et moralement discerné de la technologie. Ses discours insistent sur le fait que chaque innovation technologique traduit une vision précise de l’humanité, en invitant à cultiver un jugement éthique permanent.
Cette encyclique s’inscrit comme une étape majeure d’une longue histoire où la papauté dialogue avec les enjeux technologiques, renforçant la place de la foi et de la morale au cœur des débats sur le progrès scientifique. Pour comprendre l’impact concret de ces positions, il est intéressant de se pencher sur des initiatives telles que les ateliers innovants sur l’intelligence artificielle qui conjuguent apprentissage et éthique.